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Questions de nos stagiaires, réponses de nos experts.

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QUESTIONS-REPONSES #103 - Nuisances venant d'un logement occupé à titre précaire

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Étude de conventions et propositions opérationnelles pour le financement et la gestion des cités scolaires

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Organiser la mission de restauration collective en EPLE

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le 05 février 2018

La mission de l'entretien dans les collèges et les lycées, une approche à repenser

Entretien avec Alain Armetta, spécialiste de l’organisation de la mission de l’entretien dans les collèges et les lycées et formateur pour Education & Territoires.

Article initialement publié le 23 mai 2014.

Alain ArmettaPour commencer, un mot sur ton parcours.

J’ai commencé ma carrière comme  intendant hospitalier et ce métier m’a amené à gérer plusieurs activités dont le nettoyage.

J’ai également été consultant et formateur pour l'Institut National de l'Hygiène et du Nettoyage Industriel  (INHNI) et la Fédération des Entreprises de Propreté (FEP).

J’ai ensuite été formateur pour le CNFPT, pour des communes. C’est là que je suis entré en contact avec le monde de l’éducation. J’ai notamment accompagné pendant 4 ans une commune moyenne de Seine Saint-Denis dans la réorganisation de son service de nettoyage des écoles et bâtiments publics.

Depuis un an, je suis chargé de mission « entretien des EPLE » auprès du conseil général du Val-de-Marne.

En quelques mots, qu’est-ce que le nettoyage ?


Le nettoyage, c’est garantir un niveau de propreté, d’hygiène et de confort au public.

Quelles sont les particularités du nettoyage dans les collèges et les lycées ?

Ce qui est marquant en EPLE, c’est le retard technologique. Le nettoyage y est pratiqué comme au milieu du XXe siècle. Il y a un écart important entre les techniques employées et les revêtements (mobiliers, sols, etc.)

De manière générale, l’organisation de la mission est défaillante : matériels, produits, techniques, organisation du travail, etc.

Cela s’explique par l’histoire même de l’entretien dans les établissements scolaires. Au début des années 90, l’Education nationale a tenté d’organiser le métier par 2 actions : la création de postes d’encadrant, les maîtres ouvriers, et la formation des agents. Cette initiative s’est cependant heurtée à deux écueils : le poids des habitudes en établissement et une mauvaise évaluation de l’accompagnement au changement nécessaire.

L’Education nationale a finalement abandonné cette initiative à la fin des années 90 et jusqu’au transfert des agents TOS aux collectivités en 2004, les établissements ont géré bon an mal an la mission.

Quelles sont les marges de manœuvre dont disposent aujourd’hui les collectivités ?

La professionnalisation des agents est le levier fondamental. Cela passe par la formation et la motivation qui est elle-même liée à l’intérêt que les agents trouvent à exercer leurs missions. Il faut donner du sens au travail des agents : qu’est-ce que le métier de la propreté ? Les machines, les produits, l’organisation du travail.

Par ailleurs, en interne, les collectivités doivent se doter d’un « référent », expert de  la question : des référentiels, des modes organisationnels doivent être définis et proposés aux agents et aux gestionnaires.

Un véritable accompagnement est nécessaire et pour cela, les établissements doivent avoir un interlocuteur disponible et compétent.

Qu’en est-il de la relation avec les gestionnaires ?

A mon idée, il faut entrer dans une logique gagnant/gagnant. Par exemple, en proposant aux établissements de réévaluer avec eux les dépenses liées aux achats (des ratios existent pour les consommables). Dans le Val-de-Marne, selon les établissements, nous avons ainsi réduit de 20% à 30% les dépenses en un an. Les établissements concernés y ont gagné. Ils effectuent désormais leurs achats auprès de 9 fournisseurs référencés auprès du conseil général, ça leur a permis de maîtriser les coûts. Ils y gagnent et jouent donc le jeu.

Les collectivités qui ne passent pas de marché pour l’acquisition du matériel et des produits doivent toujours avoir à l’esprit que la sécurité des agents relève de leur responsabilité. De ce fait, elles sont fondées à soumettre aux gestionnaires des listes de produits interdits, voir même à fixer une liste des produits autorisés. Le libre choix de l’établissement porte sur le choix des fournisseurs mais pas des produits. Elles peuvent conduire ce travail avec un groupe de gestionnaires volontaires.

Venons-en aux agents eux-mêmes…

Pour amener les agents au changement, il faut les former et redonner du sens à leur travail. Pour ça, rien de tel que se mettre « en mode projet ».

Dans le Val-de-Marne, par exemple, où je travaille avec des établissements volontaires, je mène en ce moment un projet « mécanisation » : nous remettons en service les machines dormantes (mises au placard par manque d’accompagnement). Pour commencer, j’organise une formation en interne sur l’utilisation des machines (auto-laveuses, mono-brosse, cannon à mousse, etc.). Ensuite, il y a un mois de prise en main des machines par l’ensemble des agents chargés de l’entretien (il faut à tout prix éviter qu’un seul agent soit considéré comme le « responsable » de l’utilisation de machines). Pendant ce temps, avec le gestionnaire, nous redéfinissons en conséquence l’organisation du travail. Une fois que les agents se sentent suffisamment à l’aise avec les machines, on met en place la nouvelle organisation.

Pour finir, il me parait indispensable de conduire tout ce travail en concertation avec la médecine du travail et les syndicats d’ATTEE. La démarche doit être concertée et participative.

Cette approche vous intéresse ?
Nous vous donnons rendez-vous les 26 et 27 mars 2018 pour le prochain stage "Organisation de la mission de l'entretien dans les collèges et les lycées" animé par Alain Armetta.